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Titre : Des indices pour l'Endurance
Date : 01/11/2005
 
 Des indices pour l’endurance ?
A . Ricard, M. Touvais


Peux-t-on calculer des indices de performances, voir des indices génétiques, sur les données d’endurance disponibles aujourd’hui au SIRE ? Quel critère de mesure de la performance retenir ? Qu’est ce qui définit le bon du mauvais cheval d’endurance à partir de ses propres résultats en course ?


1 LES EPREUVES DE 90KM ET +, LES EPREUVES JEUNES CHEVAUX DE 2002 A 2004


Les courses d’endurance ont maintenant un long passé mais l’historique des performances disponibles au SIRE aujourd’hui, via le relevé de la FFE, ne concerne que les années 2002 à 2004 et que les courses de 90km et plus ainsi que les épreuves réservées aux jeunes chevaux (4/6 ans). C’est donc sur un échantillon restreint qu’il a fallu travaillé. Cela veut dire que si une indexation se met en place, elle ne concernera que les performances récentes. Pour un indice génétique, il ne sera pas possible aujourd’hui de tenir compte des résultats des parents des chevaux candidats à la sélection.
Concernant les résultats en épreuve nous avons l’information de la vitesse, du classement (ou de l’abandon) dans l’épreuve et la longueur de l’épreuve qui nous donne sa catégorie : 85-95 km=*, 120à130km=**, 140à160km = ***. Nous n’avons pas de résultats de vitesse sur les épreuves internationales courues à l’étranger, ces dernières ont donc du être supprimées de l’analyse. Nous n’avons pas d’information concernant les check-points des vétérinaires. Pour les jeunes chevaux, seule la catégorie de l’épreuve et le fait qu’il ai fini dans les temps sont connus. Il n’y a pas d’information systématique sur les fréquences cardiaques ou les temps réalisés.
Il y a entre 1300 (2002) et 1900 (2004) chevaux qui courent chaque année dont ¼ ne se classent pas. Si on rajoute les jeunes chevaux cela fait de 2000 à 2700 chevaux par an. En effectif, cela représente les 2/3 des chevaux sortis en dressage, la moitié de ceux sortis en CCE et 7% des chevaux de CSO. Cependant le taux de classé par épreuve est plus important et si on ne conserve que les chevaux classés au moins une fois, on approche l’effectif du dressage (95%) et 70% des chevaux classés en CCE.


2 2 SORTIES PAR AN ET PAR CHEVAL !


Par an, chaque cheval sort en moyenne 2 fois, 42% des chevaux n’ont fait qu’une seule épreuve, les ¾ pas plus de 2. 10% seulement ont fait 4 sorties ! Cela demeure peu pour juger de la qualité d’un cheval dans l’année ! Cet inconvénient est contrebalancé par la bonne répétabilité du caractère. La répétabilité est la corrélation entre les résultats obtenus pour 2 sorties d’un même cheval. La répétabilité de la vitesse entre 2 épreuves est de 0.45. C’est mieux que la répétabilité de 0.29 entre 2 épreuves en CSO. Cela veut dire qu’avec 2 sortis classées, la précision sur la valeur sportive du cheval en endurance est de 0.62, ce qui n’est obtenu en moyenne en CSO qu’avec 9 départs. Cela reste donc compatible avec une indexation.
3 FAUT-IL METTRE LES EPREUVES *, ** ET *** DANS LE MEME PANIER ?


Il y a 2 questions sous jacentes à celle là. La première est : faut-il considérer que c’est bien le même caractère (les mêmes qualités nécessaires) qui s’exprime dans les différentes épreuves ? La deuxième est : si c’est le même caractère, cela n’empêche pas qu’il existe une différence de niveau, comment introduire la différence de niveau dans la mesure de la performance ?
Jugeons déjà de l’homogénéité de la performance réalisée entre les épreuves *, ** et ***. Manifestement, les épreuves * et ** ou *** ont un contexte très différent. Les épreuves * sont nettement les plus nombreuses, les sortis * représentent 63% des données. Ces épreuves * ont un nombre de partant bien inférieur aux épreuves ** et *** : 15 en moyenne contre 68 en **. Elles ont aussi un taux de classement très différent : 64% contre 48% en ** et ***. Toutes ces épreuves se courent en moyenne à la même vitesse malgré la différence de kilométrage : 14.7 de moyenne pour les *, 14.7 pour les ** et 14.6 pour les ***. Donc a priori il y a une différence de nature. En revanche, les « ponts » (relations) entre épreuves sont très importants : 81% des chevaux sortis en *** sortent en * et 86% des chevaux sortis en ** : la comparaison est donc possible.
Pour répondre à la question « est ce bien le même caractère ? » nous avons calculé la corrélation génétique entre la performance réalisée dans les épreuves * d’une part et dans les épreuves ** et *** d’autre part. Cette corrélation est de 0.99… équivalente à 1 : ce sont les mêmes qualités qui sont recherchées dans les 2 types d’épreuves, les étalons qui produisent de bons chevaux de * produisent aussi de bons chevaux de ** et ***. En revanche la corrélation phénotypique (visible) n’est que de 0.39, inférieure à celle réalisée intra niveau (0.44 en *, 0.62 en ** et ***). Ce sont donc les mêmes qualités mais les conditions environnementales de réalisation de la performance sont différentes. Pour un même cheval, la relation entre ses performances dans les deux catégories d’épreuves n’est pas très forte (mais demeure importante). Cela peut s’expliquer par un changement de cavalier/structure quand le cheval sort en * ou **,***, ou par le fait que le cavalier ne courre qu’un seul lièvre à la fois : la réussite dans un seul type d’épreuves, au détriment des autres utilisées comme entraînement.
La conclusion est qu’il faut mettre les épreuves *, ** et *** ensemble pour juger de la qualité génétique d’un cheval, même si le jugement de sa qualité sportive sera soumis à des fluctuations dues à l’environnement. C’est aussi une très bonne nouvelle car il aurait été difficile de séparer les 2 catégories d’épreuves étant donné le faible nombre de sorties par cheval et par an…


4 LES CRITERES DE MESURE DE LA PERFORMANCE : VITESSE / TAUX DE CLASSEMENT


Deux critères serviront à mesurer la réussite du cheval : la vitesse réalisée dans l’épreuve (pour les chevaux classés), un code 0/1 si le cheval est non classé=élimination ou abandon/classé dans l’épreuve (pour tous les partants).


5 COMMENT MESURER LE NIVEAU DE DIFFICULTE DE L’EPREUVE ?


Il est évident que courir une épreuve de 90km à 15km/h de moyenne n’est pas équivalent à courir une épreuve de 140 km à la même vitesse… De plus le kilométrage n’est pas seul en cause. Pour une même distance 2 courses peuvent être courues à une vitesse moyenne très différente. Prendre la vitesse « telle quelle » pour mesurer la qualité d’un cheval est donc certainement une erreur. Comment l’utiliser alors? En fait, la solution est obtenue par un modèle mathématique très simple. Le modèle statistique est du type : vitesse=épreuve + effet du cheval + autre effets + résiduelle. En pratique cela revient à effectuer les calculs suivants :
Exemple : cheval qui a couru une épreuve à 16km/h, la vitesse moyenne de l’épreuve est de 15km/h
1) on réduit la vitesse à l’écart de vitesse à la moyenne de l’épreuve : la performance du cheval est 16-15=1km/h
2) on calcule cela pour tous les chevaux sur toutes les épreuves.
3) On constate ainsi que les chevaux qui avaient participés à l’épreuve de notre cheval exemple ont courus en moyenne à +0.6km/h de mieux que la vitesse moyenne des épreuves auxquelles ils ont participé (ce sont donc de bons chevaux).
4) La performance finale du cheval est 1km/h+0.6km.h.=+1.6 km/h
C’est une manière simple de tenir compte à la fois des circonstances de la course (moyenne des vitesses) mais aussi de la difficulté mesurée par le niveau du plateau de chevaux rencontrés (leur propre réussite dans les autres épreuves). Aucune autre tentative de prise en compte du niveau de l’épreuve par des points attribués aux épreuves selon le nombre d’étoiles n’a permis d’obtenir de meilleurs résultats d’héritabilité et de répétabilité que cette technique.


6 HERITABILITE DE LA VITESSE ET DU TAUX DE CLASSEMENT


L’héritabilité de la vitesse ainsi traitée par épreuve est 0.25, la répétabilité 0.45. C’est donc un caractère héritable, plus que l’aptitude au CSO quand le résultat utilisé n’est mesuré que sur une seule épreuve (0.17). C’est là encore une bonne nouvelle puisque les chevaux d’endurance sortent très peu. En fait malgré le faible nombre de sorties, avec ces résultats, il est tout à fait possible de proposer un indice de performance et un indice génétique.
Le même type de modèle est utilisé pour la variable classé/non classé, le taux de classement d’un cheval est comparé à la proportion de chevaux classés dans l’épreuve et à leur taux de classement sur les autres épreuves. L’héritabilité du taux de classement est 0.11, la répétabilité 0.14, la corrélation génétique avec la vitesse 0.82. Ce sont donc deux caractères très proches mais avec une certaine nuance (de la même ampleur par exemple que les résultats en CSO des 4 ans par rapport à l’âge adulte). Le meilleur choix est donc de conserver ces deux mesures de la réussite du cheval, de faire 2 indices et/ou un indice combiné.


7 EFFET DE L’AGE, DU SEXE, DE LA CIRCONSCRIPTION DE NAISSANCE


Comme pour tout indice, nous avons bien sur corrigé la performance pour les différences de performances dues à l’âge, au sexe et au lieu de naissance. Le mois de naissance n’est pas significatif. Les effets sont présentés en unité d’écart type, l’écart type est fixé à 20 quelque soit le critère (vitesse/taux de classement) afin de retrouver une échelle communément utilisée pour les indices.
Plus le cheval vieilli et plus il va vite, l’optimum se situe entre 9 et 12 ans avant un léger déclin. Par contre, un jeune cheval, jusqu’à 11 ans se classe plus régulièrement qu’un cheval âgé de 12 ans et plus. (Figure 1). Les mâles se classent moins souvent et vont moins vite que les hongres, et c’est encore plus vrai pour le taux de classement (-6.2 points) que pour la vitesse (-3.4 points). En revanche si les femelles se classent un peu moins souvent que les hongres (-1.6 points) il n’y a pas de différence significative pour la vitesse. Ces résultats sont tout à fait différents de ce qui se passe dans les courses classiques dans lesquelles les mâles et les hongres sont toujours plus rapides.
Pour l’effet de la circonscription de naissance, il s’agit principalement de cas isolés de circonscription peu représentée mais très en dessous des régions plus fréquentes (Pau, Rosières, Montier en der et St lo ont plus de 6 points en moins par rapport à Rodez pour la vitesse mais ces régions ne totalisent que 151 chevaux soit 7%). Parmi les régions les plus représentées, la hiérarchie est, du meilleur au moins bon, : Uzes, Annecy, Rodez, Lamballe avec pour seul écart significatif celui entre Uzes et Lamballe (3.6 points).


8 COMMENT FAIRE DES INDICES GENETIQUES ?


Tout d’abord notons qu’il n’y a pas de problèmes de races : même si seulement 47% des chevaux de l’étude sont des Arabes, 85% des pères de ces chevaux le sont. C’est donc bien une étude de l’arabe que nous faisons, éventuellement avec un peu de croisement.
Compte tenu des héritabilités, il n’y a pas d’obstacle à la réalisation d’un indice génétique, la seule contrainte va être le nombre de reproducteurs avec des performances ou des produits en nombre suffisant.
Si on ne tient compte que des performances propres et des produits, voici quelques repaires de CD. Pour obtenir un CD pour la vitesse de 0.40 il faut 3 classements propres ou 7 produits avec 2 classements (10 avec 1). Pour obtenir un CD pour la vitesse de 0.50 il faut 10 classements propres ou 11 produits avec 2 classements (15 avec 1). Pour obtenir un CD pour la vitesse de 0.60 il faut obligatoirement des produits : 16 produits avec 2 classements (22 avec 1). En réalité on utilise bien sur toutes les relations de parenté.
Sur les 3 années mesurées, 16 chevaux (que des étalons) ont un CD sur la vitesse >=0.60, 117 ont un CD>=0.50 parmi lesquels 73 sont des performeurs (dont 6 poulinières et 2 étalons) et les 44 autres sont des étalons dont 3 n’ont pas de produits directs dans le fichier (mais des petits produits…). Avec une limite à 0.40 on compte 973 chevaux.
On donne la liste des 16 étalons avec leur 2 indices : vitesse et taux d’élimination (Tableau 1)
9 CONCLUSION : QUEL INDICE ?
Il reste donc à faire des choix pratiques en vue d’une indexation.
Compte tenu des résultats exposés, on peut proposer un indice de performance et un indice génétique basé sur les 2 caractères : vitesse et taux de classement. Les deux indices peuvent être présentés, ou bien un indice combiné avec un choix de pondération à déterminer.
La présentation pratique de ces indices peut être : points traditionnels avec une moyenne à 100 et un écart type à 20, km/h pour la vitesse, probabilité de classement pour le taux de classement.
Pour une indexation de routine, il faut cependant vérifier la qualité des données (qui laisse encore à désirer : 8% des données sont erronées, et plus encore dans les épreuves ** et ***). Il faut aussi prévoir de récupérer les épreuves internationales courues à l’étranger, comme c’est le cas pour les autres disciplines. Enfin pour les indices génétiques il est très délicat de présenter des résultats avec si peu d’historique car c’est faire abstraction de toutes les performances des parents des chevaux performeurs aujourd’hui, ce qui n’est pas très juste pour les éleveurs qui sélectionnent depuis longtemps leurs chevaux. Il est donc nécessaire de juger de la possibilité de récupérer les données antérieures dans de bonnes conditions, ce qui commence déjà à être entrepris avec l’aide précieuse de L. Lemmens.


10 ET LES JEUNES CHEVAUX ?


Nous disposions aussi des résultats en épreuves des jeunes chevaux d’endurance (4 à 6 ans). Hélas, leur étude n’a pas permis de mettre au point un indice pertinent. Il n’y a aucune variabilité dans les résultats enregistrés par épreuves : environ 90% des chevaux partants sont à l’arrivée (sauf en finale), et c’est la seule information disponible. Nous avons donc tenté un critère basé sur le niveau le plus haut obtenu dans l’année selon la catégorie de l’épreuve (des locales aux finales) et le nombre de kilomètres (20 à 60km à 5 ans, 20 à 90km à 6 ans). Ce critère s’est révélé héritable (0.22) mais non corrélé aux résultats obtenus par les chevaux dans les épreuves de 90 km et plus, du moins génétiquement. Le chantier reste ouvert, on espère récupérer l’information apportée par la fréquence cardiaque couplée à la vitesse.